Les étoiles à Natitingou ne sont pas les mêmes qu'à Istres. Les étoiles à Natitingou sont nombreuses, lumineuses. Etalées de telle sorte sur le ciel noir qu'elles forment des dessins inconnus et étranges. Les constellations mysterieuses pour nous Occidentaux ressortent la nuit dans l'obscurité de la brousse, autant voire plus que le beau jet d'eau d'Istres ressort sur le bel étang de l'Olivier.
Ce soir, les étoiles ont assisté au deuxième filage de notre pièce. Sans doute ont-elles ri ( on espère), mais nous ne les avons pas entendu dans le vacarme qui régnait sous l'apatam. Ce soir un lièvre, un lion , un crocodile, une guenon, une girafe et j'en passe ont révéillé toute la brousse. Les enfants du village approchent au moment où une Frieda de deux mètres de hauteur danse un tango avec son mari chevelu. Les jambes de Frieda lui font défaut mais la répétition continue. Le spectacle avance. Heureusement. La première est dans 48h à Kouarfa. Si nous réglons quelques derniers problèmes ( essayez de faire danser un francais au son du tambour, vous comprendrez....), tout se passera bien. Demain lundi dernier jour au centre.Nous devons finir de planter les arbres devant le dispensaire Ste Bakhita (qui se transforme en hôpital au rythme des siestes des ouvriers) pour remplacer ceux qui seront enlevés pour agrandir la route .Une vingtaine d'arbres est déjà plantée,comme peuvent en temoigner ampoules,courbatures,pelles cassées,shorts rouges et brouettes sans roues: le jardinage c'est du sport.
Après quoi nous passerons la dernière nuit au centre. Les étoiles assisteront à notre dernière douche la tête dans le sceau, et la serviette qui tombe dans la terre, à notre dernière lessive les fesses en l'air et à notre dernier coucher comme des grenouilles (sautiller sur le lit pour coincer la moustiquaire sous le matelas). Ce soir les grillons et autres bestioles qui font du bruit endorment le groupe enfin silencieux aprés la veillée mouvementée. Il est 23h45. Julie-Célie parle dans son sommeil. Une bête volante tente une entrée dans ma moustiquaire mais un coup de lampe torche sur le nez lui fait changer d'avis. On ne voit pas les étoiles d'ici, mais leur appel désespéré ( " Dors ! Dors ! Demain matin lever 7h et jardinage intensif toute la matinée ! ) finit par avoir raison de mon inspiration. Demain est un autre jour, même au Benin.
Alice